DEUX LISTES ET TROIS PROGRAMMES.
On peut appeler cela le paradoxe Béarnais, mais cela ressemble bel et bien à une partie de poker. À la table des joueurs le PS, l’UMP et le moins attendu le MoDem. Ce dernier a ouvert la partie en présentant le premier son programme et fait le bilan des six années de la mandature de Lucbéreilh, même s’il n’a pas constitué de liste pour ces élections. Coup de poker, qui a néanmoins obligé les deux autres partis à sortir du bois et mettre leurs cartes à découvert.
En communiquant son programme au 66 colistiers des deux listes et au média, le premier, le MoDem s’est assuré l’aura nécessaire pour être audible et identifié sur la scène politique locale. À tel point qu’il se voit courtiser aussi bien par la droite que par la gauche. Les uns étant prêt à signer leur programme les autres embauchant des MoDem sur leur liste. Mais celui-ci ne l’entendait pas comme cela et de communiqué en intervention dans les médias écrits et radios, il continue à jouer les troubles faites dans une élection qui ne dit pas son nom, en insistant sur son indépendance totale vis-à-vis des deux partis (PS et UMP).
La circonscription qui a connu la seule triangulaire de France connaît une élection municipale où tous les coups sont permis. Toutes les tentatives de déstabilisation sont employées, et où une fois encore celui qui aura le mieux communiqué gagnera. Oubliant par là même l’essentiel de ce qui préoccupe le citoyen lambda : travail, nourriture, logement, santé, loisirs…
En matière de travail, les chiffres donnés par la municipalité sortante font éloge au dynamisme du bassin de l’emploi Oloronais, alors que dans le même temps, l’usine Béatex menace de déposer le bilan, l’emploi intérimaire augmentait de 4% en France et que les contrats saisonniers et intérimaires fleurissent et connaissent de beaux jours sur le bassin Haut Béarnais.
Est-t-il nécessaire de rappeler que des fonds publics ont été engagés dans certaines entreprises locales afin qu’elle maintiennent leurs activités et créent des emplois durables ? Ce sont ces mêmes entreprises qui entretiennent la courbe du chômage, la faisant varier comme bon leur semble. Ajouter à cela la pression exercée par les services du travail (Assedic, ANPE…) sur les demandeurs d’emploi afin qu’ils acceptent tout et n’importe quoi dans le but de faire plaisir aux politiques, friands des chiffres de chômage qui baissent et ce peu importe des intérêts des précaires qui les alimentent. Il est impensable, de voir autant de coûts autour d’une élection si peu significative pour celles et ceux qui se lèvent tôt, car pour eux les lendemains ne se ressemblent plus, puisqu’ils « travaillent plus pour gagner moins ». Une si belle révolution dans les mentalités des salariés qui encouragent leurs patrons à s’enrichir davantage en leur baissant les salaires et les coefficients. On pourrait croire que c’est de l’ordre de l’imaginaire, mais à regarder attentivement autour de soit, on se rend finalement compte que ça arrive tous les jours à des milliers d’hommes et de femmes à travers la France et à des centaines de béarnaises et de béarnais.
Une ville endettée selon la gauche et qui a vu sa réserve financière passer de 3000 000 d’euros à 500 000 euros en 7 ans d’après les chiffres officiels de 2006, avec un budget de fonctionnement avoisinant les 21 000 000 d’euros. De son côté, l’UMP Hervé Lucbéreilh, chiffres de 2007, qu’il est le seul à connaître, en main soutient le contraire et pointe du doigt les propositions et les compétences des colistiers de Gauche, menés par Bernard Uthurry. Devant tant de déclarations et tant de battage médiatique, qui ne préoccupe que les initiés, il est difficile pour le citoyen normalement constitué de s’y retrouver. Ce qui encourage les gens, interrogés çà et là par les différentes gazettes locales, à se désintéresser davantage d’une élection qu’ils jugent loin de la réalité et de leur préoccupation.
Alors à 24 heures du scrutin, qui départagera les deux listes en lice, avec un seul tour, personne dans la capitale du Haut Béarn, ne peut gager de la victoire de l’une ou de l’autre partie. Excepté, bien entendu, les concernés qui chacun assure qu’il a des chances de l’emporter.
Et bien que le meilleur gagne, là où tout le monde sait que le vainqueur, changera peu sa situation.
Retrouver les programmes en ligne :
Un communiqué qui brouille davantage les cartes, et rend les deux hommes en course pour le fauteuil de maire, un peu plus nerveux.
Pas de consignes de vote du MoDem
"Le Mouvement Démocrate ne donne aucune consigne de vote pour les municipales à Oloron, a indiqué par communiqué de presse Alain Sanz, secrétaire de la 4° circonscription. "Il laisse le libre choix aux militants à ses militants de voter pour la liste qui semble le mieux représenter leur opinion". "En ce qui concerne les adhérents du mouvement démocrate, ils ne peuvent se prévaloir du soutien des militants du MoDem, ils sont sur les listes à titre personnel. Le Mouvement Démocrate, rappel Alain Sanz, se situe au centre. Il n'est pas plus à droite qu'à gauche, il est indépendant et cela les militants y tiennent particulièrement".
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